Coup d’envoi du Summer of the 90′s sur Arte

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La coupe du monde est terminée, vous allez pouvoir reprendre une activité (cathodique) normale. Comme tous les ans, Arte dédie une partie de son programme d’été à une décennie et ce depuis 5 ans en partenariat avec Deezer. Cette année il faudra donc absolument ressortir vos jeans déchirés, vos bracelets fluo ou adopter le dress code grunge pour certains ou hip-hop pour d’autres, pour célébrer comme il se doit le Summer of 90′s !

Du 19 juillet au 24 août prochain, vous allez pouvoir revivre cette décennie bouillonnante ponctuée par des événements sociaux, politiques et bien entendu musicaux qui ont marqué toute une génération. Comme le veut la tradition, Arte demande à une personnalité de présenter ce programme inédit. C’est pourquoi Arte a fait appel cette année au parrain de l’éléctro culture qui a endiablé le dance-fllor du Rex Laurent Garnier.

 

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Pendant plus d’un mois vous allez pouvoir revisiter les années 90 à travers d’excellents documentaires sur Freddie Mercury, Kurt Cobain, le mouvement éléctro, les boys & girls bands ou la mode… Vous allez voir ou revoir des classiques du cinéma : de Basic Instinct (et l’entrejambe mythique de Sharon Stone) à Good bye Lenine, Ghost Dog en passant par The Truman Show, Buena Vista Social Club ou Usual suspects et son inoubliable Keyser Söze. Et bien plus encore : les grandes années MTV, Oasis live in Manchester, un bain dans l’âge d’or de la culture hip-hop… Pour vous mettre en jambes, découvrez tout le son des années 90 et toutes les playlists grâce à Deezer.

Bref un conseil, ne lâchez rien et laisser vous porter par ce vent de nostalgie à déguster sans modération.

Toutes les infos et le programme ici

Retrouvez la bande annonce du Summer of the 90′

 

Casseurs Flowters : “On réfléchit à faire vivre l’album au-delà d’un support musical”

 

Casseurs Flowters
Casseurs Flowters


Casseurs Flowters
 nous a accordé du temps, quelques heures avant de monter sur scène aux Vieilles Charrues, édition 2014. L’occasion de revenir avec Orelsan et Gringe sur leur premier album à deux (Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowteurs, 2013), leur définition du “rap à l’ancienne”, et leur envie de pousser leur projet collectif encore plus loin.

Vous vous sentez comment à l’approche de votre concert aux Vieilles Charrues ?

Gringe : On se sent relax maintenant, ce ne sera peut-être pas le cas une heure à une demi-heure avant de monter sur scène. En tout cas, on a hâte d’y aller. On n’a pas encore eu beaucoup l’occasion de jouer ce show, alors chaque occasion est cool.

Je vous ai vus aux Francofolies de La Rochelle il y a quelques jours. Vous avez une complicité évidente sur scène tous les deux. Elle est venue naturellement ?

Gringe : Le fait d’avoir suivi Aurel’ [diminutif d'Aurélien, le prénom d'Orelsan] sur scène sur la tournée du Chant des Sirènes et sur Perdu d’Avance fait qu’on a quand même quelques automatismes, même si on avait peu de morceaux ensemble. Mais bien sûr que c’est naturel. C’est toujours plus simple d’appréhender un concert avec quelqu’un qu’on connaît bien. On se comprend vite.

Quel est le morceau qui a été le plus dur à écrire ?

Gringe : « Les putes et moi », c’est celui qui nous a demandé le plus de travail d’écriture, de réécriture, de concertation, de vigilance au niveau du texte, de faire attention à ne pas dépasser une certaine limite dans la gratuité du propos. Sachant que c’est un morceau subversif, quoiqu’il arrive. On a tenté de l’adoucir un peu via la musique, et dans le fait d’opposer nos visions de la chose, sachant que nous étions tous les deux dans le faux. On oppose deux avis erronés. C’est une discussion d’imbéciles.

“‘Les putes et moi’ est le morceau qui nous a demandé le plus de travail d’écriture.” – Gringe

Au final, cet album vous ressemble vraiment, ou bien avez-vous beaucoup grossi le trait ?

Orelsan : Il nous ressemble, mais on a bien sûr dû grossir le trait, vu qu’on raconte une histoire. Après, on est quand même sur des trucs de base qui nous ressemblent. Ne serait-ce que dans le style de vie, dans la manière dont nous sommes avec nos potes.

Le morceau « Change de pote », c’est du vécu ?

Gringe : Je pense que ce titre est universel, dans le sens où n’importe qui en couple, fille comme garçon, a pu vivre ce genre de situation. Mais pour le coup, c’est un titre ultra autobiograhique : on a vécu 10 ans en colocation, avec des potes autour, et on a toujours été un peu exclusifs les uns avec les autres. Nos copines de l’époque n’avaient pas trop un droit de regard sur ce qu’on vivait. C’est un morceau indispensable.

Dans votre album, vous dites aussi « on ramène le rap à l’ancienne » [dans le morceau "Stupide¡ Stupide¡ Stupide¡"], qu’est-ce que ça représente ?

Orelsan : Notre album est « à l’ancienne » au sens où il y a beaucoup de morceaux sans refrain, et d’instru old-school avec des grosses rythmiques. Pour l’instant, le rap est assez ralenti, sur du 70 bpm. Nous sommes sur des rythmes assez rapides, des tempo assez batards, autour de 100 bpm, du genre [Orelsan fait un peu de beatbox].
Gringe : Sortir un album à deux, c’est déjà faire du rap à l’ancienne. A l’époque, il y avait pas mal de duos et de collectifs, et plus du tout depuis 10 ans. On remet ça un peu au goût du jour.
Orelsan : Même le fait de sortir un album, c’est « à l’ancienne ». Aujourd’hui, les gars sortent juste des titres.

C’est vrai qu’il y a pas mal de nouveaux groupes de rap, comme 1995, l’Entourage

Gringe : Carrément. 1995, pour le coup, ont synthétisé tout l’âge d’or du rap français. Quand tu les rencontres, ils te disent qu’ils ont grandi avec cette musique. Ils se sont auto-éduqués en terme de rap, et sont allés prendre ce qu’il y a de meilleur chez les grands rappeurs de l’époque.

Par exemple, vous avez joué juste avant IAM à La Rochelle ! Qu’est-ce que ça vous a fait ?

Orelsan : Ca fait toujours bizarre. Quand tu regardes leur setlist, ils n’ont que des classiques, c’est complètement ouf. On ne leur arrive pas à la cheville, pour l’instant. C’est chelou de se retrouver sur la même scène. A un moment, je parlais un peu avec Shurik’n, et rien que ça, ça fait bizarre. Je les ai vraiment beaucoup beaucoup écoutés.

Ca doit être un peu bizarre d’être dans le même milieu que ces groupes que vous écoutiez quand vous étiez ados.

Gringe : Oui, il n’y a plus de pare-feu. On les regardait à la télé, on les écoutait à la radio et sur CD. On est vachement respectueux et admiratifs de leur carrière et de leur discographie. C’est marrant de pouvoir discuter d’artiste à artiste, et de ne plus être dans la position du fan. Ils avaient l’air assez renseignés sur nous et notre musique. Ce sont des hommes très humbles, et c’est aussi pour ça qu’ils sont des grands messieurs du rap. Ils sont super accessibles.

“Il faudrait repenser à un autre show, dans un autre ordre, où les gens seraient assis comme au théâtre.” – Orelsan

Pour revenir à la scène, vous aviez dit que vous rêvez d’adapter l’album entièrement, comme une pièce de théâtre. C’est toujours à l’ordre du jour ?

Orelsan : Carrément, on y pense. Après, on trouvait que ça ne correspondait pas aux festivals. Et puis c’est trop court, on n’a qu’une heure, on doit apporter beaucoup d’énergie. Mais on va sûrement préparer ça. On fait un Bataclan au mois d’octobre, et on va peut-être se rapprocher un peu plus de ça. Mais on imagine pousser la chose encore plus loin.

Comme interpréter d’autres morceaux ?

Orelsan : On ne joue pas tous nos morceaux sur scène. On voudrait surtout ramener une mise en scène de ouf. Il faudrait repenser à un autre show, dans un autre ordre, que les gens soient assis comme au théâtre.

Une sorte de comédie musicale, en fait ?

Orelsan : Ouais, dans l’idée, ce serait ça.

Est-ce que vous songez à un deuxième album ?

Gringe : Non, c’est trop tôt. Orel’ va attaquer son troisième solo, moi je vais attaquer mon premier solo. On réfléchit aussi à comment faire vivre l’album autrement que sur un support musical. Casseurs Flowters est une aventure qui continuera, mais on se laisse du temps. Il n’y a rien d’urgent.

Ecoutez Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters sur Deezer :

Vieilles Charrues 2014 : l’éclectisme à son apogée, d’Etienne Daho à 30 Seconds To Mars

Le festival des Vieilles Charrues vient de terminer sa 23e édition , à Carhaix-Plouguer, où 225.000 personnes se sont rendues sur les 4 jours de festivités.

Etienne Daho aux Vieilles Charrues 2014
Etienne Daho aux Vieilles Charrues 2014
  • Dimanche 20 juillet 2014 : l’éclectisme en guise de bouquet final, de Daho à Leto

C’est sous le signe de la chanson française que ce 4e jour des Vieilles Charrues achève son après-midi ensoleillé. Christophe, tout d’abord, sur la grande scène. La foule est plutôt compacte, bien que plus éparse que la veille. A 68 ans, l’artiste livre une prestation calme mais habitée. Il laisse du monde sur sa faim, malheureusement, étant très en retrait par rapport à son public, qui ne l’a pas trouvé assez communicatif.

Etienne Daho prend le relais sur la scène Kerouac, avec une énergie réjouissante, arpentant la scène d’un pas alerte. Très élégant, habillé de noir et caché derrière des Ray-Ban, un sourire radieux ne quitte pas son visage. Emu, lui aussi, de retrouver le public des Vieilles Charrues, il lance plusieurs baisers à la foule, prend le temps de raconter l’histoire de certains titres.

Le public le lui rend bien, en criant « Etienne » à plusieurs reprises, formant une chenille géante et sinueuse. Maîtrisant aussi bien ses tubes pop des années 80 (« Tombé pour la France », « Bleu Comme Toi ») que les titres de son nouvel album, au rock hanté (« Les Chansons de l’Innocence Retrouvée »), Daho confirme à nouveau son statut de ponte de la chanson française.

Changement de registre total, lorsque Lily Allen apporte sa pop fraîche et décomplexée, dans des tenues multicolores, la scène remplie de biberons géants. L’Anglaise ne quitte presque pas l’avancée coupant la fosse en deux, et réchauffe l’atmosphère avec ses titres dansants. Elle introduit chaque titre par sa signification, et ne peut s’empêcher de rire à de nombreuses reprises, ou plaisanter. Comme gênée qu’autant de monde soit venu l’écouter. On retient notamment « Fuck You », dont le refrain est repris par la foule, le beau moment offert sur sa reprise de « Somewhere Only We Know », et la mise en scène improbable de “Not Fair”, avec des visuels de corps d’hommes nus, cachant leurs bijoux de famille…avec des bijoux.

Les pétillants BB Brunes proposent ensuite leur vision de la pop à la française, en lieu et place du génial Miles Kane, annulé pour cause de maladie. Si le groupe peut encore susciter débat, il faut leur laisser leur maîtrise de la scène, et leur capacité à motiver la foule, fatiguée de ces 4 jours de festival. Difficile de résister au rythme sautillant de « Dynamite », « Coups et Blessures », « Stéréo ».

La transition avec 30 Seconds To Mars est un peu rude. Proposé en clôture de cette 23e édition des Vieilles Charrues, le trio américain déploie son stadium rock grandiloquent, dont le caractère parfois répétitif se cache derrière des effets de scène, type lancers de ballons multicolores ou de cotillons.

Cheveux longs et barbe fournie, tout de blanc vêtu, une couronne dorée sur la tête, Jared Leto, assume son rôle de leader charismatique jusqu’au bout. Il parle quelques mots de français – dont son expression favorite « C’est trop ouf’ » -, brandit le drapeau breton, fait monter deux fans ahuris sur scène, autorise même l’un d’eux à accompagner son frère, Shannon Leto, à la batterie. Ce dernier est d’ailleurs impressionnant de force et de dextérité, martelant ses nombreuses caisses et cymbales sans répit. De quoi sonner Carhaix-Plouguer au moins jusqu’à l’année prochaine.

En résumé de ce dimanche 20 juillet :
- l’indispensable : Etienne Daho
- le plus « Fan 2 » : 30 Seconds to Mars
- le rayon de soleil : Lily Allen
- on les a loupés et on le regrette : Girls in Hawaii, Yodelice

  • Samedi 19 juilllet : le rock fait le show avec Arctic Monkeys et Shaka Ponk

Le site des Vieilles Charrues  ensoleillé (DeezerFrance)
Le site des Vieilles Charrues ensoleillé (DeezerFrance)

La foule semble avoir doublé depuis la veille, rendant la circulation assez compliquée sur le site des Vieilles Charrues en ce samedi 19 juillet. Il faut savoir jouer des coudes pour approcher ses artistes préférés.

Il y a du monde pour Détroit, programmés en fin d’après-midi. La formation menée par Bertrand Cantat assure un set énergique et intense.

Place ensuite à la douceur de Julien Doré, au moins aussi ému que sa consoeur Christine & The Queens par l’accueil chaleureux que la foule lui réserve. Il s’agit de son deuxième passage aux Charrues, le premier datant d’il y a 5 ans.

Julien ne se ménage pas : une fois « Paris-Seychelles » terminée, son groupe prolonge la rythmique du morceau, la foule faisant office de choeur géant. Le chanteur en profite pour passer la barrière, et fendre le public à pied pour rejoindre la tour des ingénieurs son. Il grimpe à son sommet et y fait exploser un lancer de cotillons. Le public exulte, et un spectateur le prend même sur ses épaules, une fois redescendu, pour le transporter jusqu’à la scène. Julien remercie le public d’une voix tremblante, les yeux embués de larmes.

Il faut saluer le choix du chanteur d’apporter des chansons plus calmes au set, comme “Corbeau Blanc” et “On Attendra l’Hiver”; qui sont magnifiées sur scène, les guitares étant plus poussées.

Il y a beaucoup moins d’émotion du côté des Arctic Monkeys, la formation britannique étant peut-être un peu fatiguée de parcourir le monde depuis bientôt 10 ans. A la place, beaucoup d’effets de style de la part du leader, Alex Turner, qui recoiffe ses cheveux gominés à l’aide d’un peigne soigneusement conservé dans sa poche.

Il faut laisser au groupe la maîtrise parfaite de leur set, sans un accroc. Les deux premiers tiers sont surtout consacrés à leurs précédents albums, avec des tubes comme “I Bet You Look Good On The Dancefloor” ou “Brianstorm”. Il faut attendre la toute fin pour que le public se déhanche sur “Do I Wanna Know ?”, “Why D’you Only Call Me When You’re High”, ou encore, “One For The Road”. Tout comme Julien Doré, le groupe de Sheffield fait le pari de quelques titres plus doux, comme “Fireside” et “No 1 Party Anthem”, sur laquelle une boule à facettes est sortie.

Les plus motivés ont dû attendre jusque 1h du matin pour slammer sur le rock survolté de Shaka Ponk, qui quitte la scène à 3 heures du matin (On vous avoue qu’on a pas eu le courage, mais on ne doute pas que le groupe a tout déchiré, comme d’habitude.).

En résumé de ce samedi 19 juillet :
- l’indispensable : Arctic Monkeys
- le plus “Fan 2″ : Julien Doré
- le rayon de soleil : Julien Doré
- on les a loupés et on le regrette : Fakear

  • Vendredi 18 juillet : de Stromae à Elton John, en passant par Franz Ferdinand et Kid Wise, la pop à l’honneur

Kid Wise aux Vieilles Charrues 2014
Kid Wise aux Vieilles Charrues 2014

C’est sous une chaleur estival que les Vieilles Charrues entament le deuxième jour de leur édition 2014. Jungle ouvre les festivités en milieu d’après-midi. Ce duo anglais vient de sortir son premier album, éponyme, mêlant soul, funk et jazz. D’une certaine homogénéité, leur set ressemble à un long boeuf, mais a le mérite d’être énergique. Jungle se serait plus épanoui s’il avait été programmé de nuit.

Après la musique bretonne traditionnelle de The Celtic Social Band, toujours aussi populaire auprès du public des Vieilles Charrues, Elton John prend place sur la scène Glenmor. Après le rendez-vous manqué de l’année dernière – à cause d’une crise d’appendicite aiguë – le chanteur et compositeur s’offre le luxe d’un concert de 2 heures. Assis à son piano, et accompagné de 3 musiciens, il fait swinguer les spectateurs, jeunes comme adultes, avec sa pop teintée de jazz, emblématique des années 70.

Il nous faut quitter Elton un peu avant la fin de son set pour écouter Casseurs Flowters, aka Orelsan et Gringe, à retrouver bientôt en interview sur ce blog. Comme à la Rochelle, les deux compères font preuve d’une complicité évidente, et n’hésitent pas à incarner jusqu’au bout les 2 personnages tire-au-flanc dont leur premier album suit les aventures.

Là encore, on s’éclipse avant la fin du concert pour voir Miossec. Le Breton, au rock déchirant et à la voix rauque, a toute sa place aux Vieilles Charrues, entouré de nombreux musiciens. Le public est composé de fans assidus, murmurant les paroles.

La course continue : direction la scène Grall, pour Kid Wise, à retrouver prochainement en interview sur ce blog. Ce jeune groupe toulousain doit faire face à la rude concurrence de Stromae, dont le concert commence pendant leur set. Heureusement, un bon groupe de spectateurs résiste à l’appel de la Belgique, ce qui ne manque d’émouvoir les musiciens.

Pour l’instant surtout connus par leur single “Hope”, ils dévoilent au public de nombreux titres de leur premier album à venir, entre pop indé et rock progressif. Et ont même un invité surprise de dernière minute : Disiz la Peste !

Si Stromae a réussi à gagner le coeur des Vieilles Charrues, tout comme à La Rochelle, il n’a pas pour autant vidé les festivaliers de leur énergie. Car ils en ont à revendre pour Franz Ferdinand, machine à tubes pop écossaise, bien huilée par les années sur la route. “Take Me Out”, “Ulysses”, “Right Thoughts, Right Words, Right Action”, et tant d’autres, font sauter, danser, hurler la foule sans discontinuer. Pas étonnant que l’orage éclate à la fin du set, tant l’ambiance est électrique.

En résumé de ce vendredi 18 juillet :
- l’indispensable : Stromae
- le plus “Fan 2″ : Elton John
- le rayon de soleil : Kid Wise
- on les a loupés et on regrette : Saint-Michel

Et il a frappé fort, avec Indochine en tête d’affiche, Vanessa Paradis en hôte de fin d’après-midi, et Christine and The Queens en révélation.

  • Jeudi 17 juillet : Christine and The Queens règne sur Carhaix

Christine & The Queens aux Vieilles Charrues 2014 (DeezerFrance)
Le temps a décidé d’être capricieux dans le ciel breton, comme souvent. Pourtant, l’ambiance est bonne enfant à l’ouverture des portes, en fin d’après-midi. On croise une bigouden aux cheveux mauves, des fées et autres bonnes soeurs. C’est devant cette foule composite que Vanessa Paradis inaugure la scène Glenmor – la plus grande – en fin d’après-midi.

Accompagnée de ses musiciens – dont Benjamin Biolay -, elle ne se défait pas d’un large sourire, remerciant le public entre chaque chanson. Dansante et sensuelle, Vanessa Paradis transporte le public entre ses différents tubes, plus ou moins récents. On retient notamment la très catchy “Mi Amor”, sur laquelle les spectateurs tapent des mains avec entrain.

Un long entretien avec FAUVE, à retrouver très bientôt sur ce blog, nous fait manquer Odezenne sur la scène Grall – malheureusement – mais on enchaîne avec The Black Keys, l’une des surprises de la programmation. Bonne ou mauvaise, difficile à dire. Certes, le public est à fond pour soutenir les Américains Dan Auerbach, à la guitare, et Patrick Carney, à la batterie, dont le blues rock sent bon la poussière des grandes plaines. Mais les deux lascars semblent un peu empêtrés, surtout Auerbach, qui prend son temps pour changer de guitare entre deux titres, et tourne le dos à la foule sur certains solo. Heureusement, la seconde partie du set rattrape le tout. The Black Keys ravissent les Vieilles Charrues à coup de “Fever”, “Howlin’ For You”, “Lonely Boy”.

Un choix épineux se pose ensuite : FAUVE≠ ou Christine & The Queens ? Deux artistes incontournables de ce premier semestre 2014, des dates complètes un peu partout, une effervescence qui ne retombe pas. La balance finit par pencher pour Christine, dont les concerts sont un peu plus rares que ceux de FAUVE≠, et donc encore plus prisés. Et l’on fait bien, car les Vieilles Charrues avaient dans leur sac à dos de festivalier une intense “Chaleur Humaine” à accorder à l’artiste.

Plus tôt, en conférence de presse, elle confie que son “alter-ego”, Christine – son vrai prénom étant Héloïse -, lui “permet autant de se révéler que de se cacher”. Pour elle, “la scène est un espace de libération et de désinhibition”. C’est peu de le dire. Que ses chansons sont portées par une force pop et house irrésistible (“The Loving Cup”, “Narcissus is Back”, “Science Fiction”, “Half Ladies”), ou une douceur intense (“Nuit 17 à 52″, “Here”, “Chaleur Humaine”), Christine plaisante entre chaque titre, tutoie le public, chante une comptine sur les galettes bretonnes.

Mais l’implication du public ce soir, qui entonne plusieurs chansons, la déstabilise vers la fin du set, et ses yeux brillent. “C’est vous la chaleur humaine”, chante-t-elle sur le dernier titre, visiblement émue et surprise d’un tel accueil. “Je me souviendrai de cette première date aux Charrues”, conclue Christine. Nous aussi.

Place enfin au mastodonte Indochine. Entourée de deux “Traffic Girl” géante, placées de chaque côté de la scène, la formation emblématique du rock français assure un show démesuré, à grand renfort de spotlights et lancers de cotillons. On retient les indispensables “3 Nuits Par Semaine”, “J’ai Demandé à La Lune” et “College Boy”.

En résumé de ce jeudi 17 juillet :
- l’indispensable : Christine & The Queens
- le plus “Fan 2″ : Indochine
- le rayon de soleil : Vanessa Paradis
- on les a loupés et on le regrette : Odezenne

30 ans des Francofolies : un anniversaire formidable

Fránçois & The Atlas Mountains aux Francofolies 2014
Fránçois & The Atlas Mountains aux Francofolies 2014 (DeezerFrance)

30 ans de Francofolies, ça se fête comme il se doit . Les 13 et 14 juillet, Deezer a assisté aux deux derniers jours des festivités, à la Rochelle, qui affichaient complets. 14.000 personnes se sont précipitées pour voir le phénomène Stromae.

  • Dimanche 13 juillet : honneur à la musique urbaine avec IAM et Casseurs Flowters

C’est seul qu’Asaf Avidan se présente sur la Grande Scène des Francofolies. Sa guitare en bandoulière et son pad électronique à portée de baguette, il relève le pari de captiver la foule. Sa voix si particulière, au-delà du commun, y est pour beaucoup. Comme à son habitude, Asaf est souriant, communicatif, rit lorsque les fans les plus acharnés des premiers rangs réclament “One Day”. Le chanteur israélien s’exécute quelques instants plus tard, la foule reprenant le morceau en choeur.

Changement de registre total avec Casseurs Flowters, duo formé d’Orelsan et Gringe. Après 13 ans à faire des collaborations, un tube sur le dernier disque d’Orelsan (Ils Sont Cool), les deux potes se sont décidés à s’enfermer en studio, et en ont sorti Orelsan et Gringe Sont Les Casseurs Flowters (2013), porté par plusieurs single accrocheurs. Depuis, ils défendent leur disque avec passion sur scène. Les Francofolies ne pouvaient pas en faire l’impasse, et elles ont eu raison.

Orelsan et Gringe débloquent la foule avec une aisance désarmante, et une complicité sans faille. Le public est connaisseur, accompagne les rapeurs sur plusieurs titres (“Fais les backs”, “Il fait beau”, “Bloqué”, “Ils Sont Cool”), exulte dès qu’ils arpentent l’avancée coupant la fosse en deux. Toujours avec humour, Casseurs Flowters assure un set survolté : un de leurs camarades brise un CD sur scène, pendant leur interprétation de “La mort du disque”.

Si Casseurs Flowters se vantent de “ramener le rap à l’ancienne”, la programmation des Francofolies est bien faite, puisqu’ils sont suivis par IAM, LE concert à ne pas louper en cet avant-dernier jour du festival. Pendant un peu plus d’une heure, Akhenaton, Kheops, Shurik’n, Imhotep, Kephren et les autres pharaons du rap français prennent possession de la Grande Scène dès l’instant où ils y posent le pied.

Même s’ils sont, bien sûr, rodés depuis des années à l’exercice, les Marseillais n’ont rien perdu de leur verve. “On chantait ça il y a plusieurs années déjà, mais c’est toujours la même merde”, se lamente Akhenaton, sur les premières notes de “Nés Sous La Même Etoile”. Là aussi, le public est tout acquis, scandant les punchlines du groupe au fil des morceaux. Jeunes comme moins jeunes, l’euphorie est collective.

Mais IAM sait aussi se faire parfois plus léger, comme lors de la culte “Je danse le MIA”, où Kephren se ramène vêtu d’une veste à paillettes argentées, et une perruque afro. Sur L’empire du côté obscur, ils se munissent de sabres laser, après la diffusion sonore d’un extrait de Star Wars.

L’ambiance n’est pas à la détente pour FAUVE≠, qui avouent être nerveux à l’idée d’occuper la Grande Scène des Francofolies. Pas de quoi s’inquiéter pourtant, puisque le groupe assure une prestation survoltée. Ils sautent, crient, se croisent, se soutiennent d’un regard. Leur chanteur est plus en forme qu’à Beauregard, arpente la scène, va parfois tellement vite qu’on a du mal à le suivre. Il parvient même à éviter l’écueil du hurlement, dans lequel il lui arrive de tomber.

La setlist fait la part belle à leur EP Blizzard, toujours aussi prisé par les fans, et retient le meilleur de leur premier album, Vieux Frères – Partie 1. A ce moment, le public des Francofolies n’est plus qu’une grande fratrie. On retient “De Ceux”, toujours aussi impressionnante en live, “Blizzard”, et la douce “Lettre à Zoé”, qui soulève quelques briquets parmi la foule.

En résumé de ce dimanche 13 juillet :
- l’indispensable : IAM
- le plus “Fan 2″ : IAM
- le rayon de soleil : Casseurs Flowters
- On les a loupés et on le regrette : Cats On Trees, La Maison Tellier, Grand Corps Malade

  • Lundi 14 juillet : une pop inventive et magistrale inonde La Rochelle, de Stromae à Fránçois & The Atlas Mountains

Pierre Lapointe nous fait le plaisir d’entamer cette dernière soirée des Francofolies édition 2014, au son de sa variété pleine de poésie. Vêtu d’un costume doré, le Canadien n’a pas son pareil pour détendre l’atmosphère, entre deux chansons aux paroles graves, mais aux airs légers. Entouré de ses 4 musiciens, on sent qu’il n’est pas de ceux se détachant de son groupe. Ils interprètent même quelques chansons réunis autour d’un seul micro. On retient notamment la dansante “Au Bar des Suicidés”.

L’ambiance est aussi à la fête avec Fránçois & The Atlas Mountains, groupe français dont la pop ne connaît pas de frontière. François, le chanteur bordelais, et ses acolytes offrent des petites chorégraphies sur leurs titres aux sonorités africaines, comme « Les Plus Beaux ».

S’il avait avoué plus tôt, en interview, ressentir un certain stress, François sait mettre la foule à l’aise en l’invitant à danser. Le set atteint son climax sur « La Vie Dure », extrait de leur dernier album Piano Ombre, qu’il a d’ailleurs en partie composée aux Francofolies, l’année précédente. Chaque fois qu’il bondit, le public frappe des mains avec ferveur. Pari réussi.

L’émotion est tout aussi palpable chez Gaëtan Roussel lorsqu’il monte sur scène, entouré de ses 5 musiciens et 2 choristes. Les yeux humides, il entame « La Simplicité »,extrait de son dernier album, Orpailleur. Plein d’énergie, mais souvent à bout de souffle entre 2 titres, Gaëtan livre une surprise toute taillée pour les Francofolies : une reprise de « J’imagine » de Bashung, où la batterie électronique et les samples sont rois. Il l’avait imaginée lors de l’édition 2013 du festival.

Leur reprise du tube « Road to nowhere » des Talking Heads connaît aussi son beau succès, terminant dans un air bossa nova. Mais le public se donne surtout sur « Inside/Outside », chantée en chœur, et « Help Myself (nous ne faisons que passer) », ramenant d’autres larmes dans les yeux de Gaëtan Roussel.

Un feu d’artifice fait patienter la foule avant l’arrivée de Stromae, sans conteste celui qui a réussi à ramener 14.000 personnes dans l’enceinte de la Grande Scène. En ville, on trouve même ce graffiti :

Histoire d’être clair sur la suite des événements, le chanteur entame son concert par « ta fête », sous la clameur. Le son est pulsé au maximum, des fuseaux de lumière verts et blancs inondent les spectateurs. L’ambiance, électrique, ne retombe pas d’un pouce durant le set. Stromae impressionne par sa consistance, son aura étrange, ses danses désarticulées qui le feraient passer pour un pantin. D’un bout à l’autre, le public scande ses paroles, aussi bien de ses tubes (“papaoutai”, “formidable”), que de titres moins connus (“quand c’est ?”, “Peace or Violence”), ce qui est assez rare pour être souligné.

Dans le public, enfants comme adultes sont captivés par le personnage, porté par ses 4 musiciens, et une myriade de visuels impactants. « J’adore quand il fait la poupée ! », s’écrit un garçonnet d’une dizaine d’années, lorsque Stromae est transporté sur la scène, dans une pose figée, sourire glacé, avant d’entamer « papaoutai ». Pas inaccessible pour un sou, le chanteur prend le temps de parler entre chaque morceau, et de faire quelques blagues (notamment sur les frites, Belgique oblige). S’il n’y a qu’un maestro belge, c’est bien lui.

En résumé de ce lundi 14 juillet :
- l’indispensable : Stromae
- le plus “Fan 2″ : Stromae
- le rayon de soleil : Fránçois & The Atlas Mountains
- on les a loupés et on le regrette : Christine and the Queens

Deezer et edjing : le mix le plus sexy de l’été !

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C’est bien connu l’été est bien la meilleure saison pour fêter tout et n’importe quoi. Et bien entendu qui dit fête, dit obligatoirement musique ! Malheureusement ce n’est pas toujours simple de faire venir mixer David Guetta… C’est pourquoi il y a 2 ans, Deezer a eu la (brillante) idée de s’associer avec edjing, application permettant de mixer sur les mobiles et les tablettes des titres provenant du service de streaming. En réinventant les techniques de DJing pour le rendre accessible à tous, edjing est devenu rapidement l’application DJ numéro 1 mondial et séduit plus de 18 millions de personnes. Aujourd’hui, edjing lance une nouvelle version de son application avec une intégration plus complète et optimisée de Deezer et de nombreuses nouvelles fonctionnalités.

Deezer & edjing : un mix qui s’inscrit dans le temps…

En s’associant à Deezer dès 2012, edjing a offert la possibilité aux millions d’abonnés Deezer Premium+ de mixer sur mobiles ou tablettes l’intégralité du catalogue du service international de streaming depuis l’application DJ. Cette alliance a radicalement fait évoluer la pratique du DJing auprès des 18 millions d’adeptes d’edjing, présents dans 182 pays. Ainsi, Deezer et edjing ont été les premiers acteurs à proposer le mix de musique en streaming sur des supports mobiles.

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Une intégration optimisée de Deezer

Disponible dès aujourd’hui, la nouvelle version d’edjing propose une intégration plus complète et optimisée de Deezer avec plus de musiques à mixer et plus de recommandations en adéquation avec les goûts musicaux des utilisateurs. Désormais les détenteurs d’un compte Deezer Premium+ peuvent mixer sur edjing plus de 30 millions de titres du catalogue Deezer mais aussi toujours depuis leurs playlists préférées. Ainsi les utilisateurs vont plus loin dans la découverte et le mix grâce à l’ajout des meilleurs outils de recommandation du site de musique en ligne : les Top Charts, les sélections Deezer et les radios thématiques.

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De nombreuses innovations

Plus sociale, plus intelligente, plus intuitive, la nouvelle version d’edjing comprend également de nombreuses autres innovations, parmi lesquelles trois évolutions majeures pour améliorer l’expérience de ses utilisateurs

• Le réseau social de DJs “edjing world” : Il permet aux utilisateurs d’edjing de faire découvrir leurs mixes à l’ensemble de la communauté de l’application.
• La fonction de recherche “Global Search” : Il permet d’accéder plus rapidement aux 50 millions de titres de musique présents dans edjing, quelle que soit leur provenance – Deezer, SoundCloud, iTunes,…
• La refonte de son ergonomie avec une interface entièrement redesignée : cette nouvelle version guide plus spontanément l’utilisateur à travers l’ensemble des fonctionnalités d’edjing.

L’application edjing est disponible sur iOS, Android, Amazon et Windows 8. Pour plus d’informations : http://www.edjing.com/edjing-new-version

Deezer sur les platines edjing ça donne ça !

Moralité : les casques ce n’est pas que pour les Daft Punk, à vos platines, à vos playlists Deezer et surtout à VOS casques car maintenant you’re the DJ !

 

Festival de Beauregard : l’euphorie bucolique

Affiche du festival de Beauregard
Retour sur les deux derniers jours du festival de Beauregard, dont la 6e édition a tenu ses promesses.

  • SAMEDI 5 JUIN : Foster The People et Angus & Julia Stone chassent la pluie

C’est sous un temps capricieux que le festival Beauregard a entamé le troisième, et avant-dernier jour de sa 6e édition, au coeur de la Basse-Normandie.

Après avoir parcouru les champs permettant l’accès au festival, on file sans plus tarder à la Scène B, où se produit Be Quiet. Quintet bordelais atteignant à peine la vingtaine pour la plupart de ses membres, il est déjà prometteur. Enchaînant les titres de leur premier EP, Affliction, ils prouvent que la cold-wave a encore de beaux jours devant elle.

Changement d’ambiance radicale avec les Anglais de We Have Band, et leurs chansons où le beatmaking est roi. À force de pads, lignes de basse et batterie martelée, ils parviennent à faire se dandiner la foule, planquée sous des k-ways ou des parapluies.

Foster The People ramènent eux aussi du soleil, de leur Californie natale cette fois. Avec une belle énergie, le groupe enchaîne les tubes, sans que le chanteur ne se défasse de son sourire ravageur. Entre rock enjoué et psychédélisme joueur, le set passe en un éclair, et transforme les champs en piste de danse. On retient notamment “Miss You” et “Best Friend”.

C’est ensuite au tour d’Angus & Julia Stone de prendre possession de la scène B. Le duo formé par les frères et soeurs Stone tente tant bien que mal d’imposer la douceur de son répertoire à un public légèrement dissipé. Quelques beaux moments sont tout de même à retenir, comme cette version low-tempo de “Big Jet Plane”, mais aussi “Draw Your Swords”, sur laquelle Angus chante avec une intensité touchante.

Julia, elle aussi, arbore en permanence un sourire radieux, échange de nombreuses oeillades complices avec Angus. Quelques instants plus tôt, en conférence de presse, ce dernier confiait d’ailleurs : “Parfois, je suis mis au courant des choses qui lui sont arrivées à travers ses chansons. C’est une merveilleuse façon de communiquer.”

On attend avec impatience leur nouvel album, éponyme, prévu pour le 29 juillet. Ils en offrent un aperçu au public de Beauregard avec la balade folk “Heart Beats Slow”.

Le soir tombe, et encore quelques gouttes d’eau. Mais cela n’empêche pas la foule de se presser sur la scène A, à la nuit tombée, où se produit Portishead. L’une des figures du trip-hop, Portishead est un groupe à voir au moins une fois dans sa vie. Le groupe livre une prestation tout aussi nerveuse que planante, Beth Gibbons restant dans sa réserve bien connue. La foule est plus mature cette fois, mais les plus jeunes semblent captivés par leur univers inquiétant.

De quoi les échauffer avant l’arrivée de FAUVE≠ sur la scène B, en fin de soirée. Il est peu dire que FAUVE≠ est le groupe le plus attendu de la journée, vu le nombre de personnes arborant leur signe barré sur la joue, ou sur un T-shirt. C’est sous une pluie torrentielle que FAUVE≠ entre sur scène, attaquant avec “De Ceux”, sous les clameurs. Le groupe enchaîne ses titres-coups de poing, sa prestation magnifiée par des visuels rêveurs. Dommage que la voix du chanteur soit un peu fatiguée.

En résumé de cette journée du samedi :
- Le rayon de soleil du jour : FTP, WHB
- L’indispensable : Portishead
- Le plus “Fan 2” : FAUVE
- On les a loupés et on le regrette : Vanessa Paradis et Paul Weller

  • DIMANCHE 6 JUIN : Damon Albarn fait de la concurrence à John

Dernier jour pour que l’ami John Beauregard nous en mette plein les oreilles. Pour l’aider dans sa tâche, le temps a enfin décidé d’être clément : adieu averses torrentielles, place à un beau ciel bleu, et des températures presque chaudes.

Un contexte idéal pour accueillir Agnes Obel, en début de soirée. Elle offre douceur et puissance au public massé devant la Scène A, accompagnée d’une violoniste et de deux violoncellistes. Une bonne partie de la foule est même assise dans la paille. Ambiance bucolique, donc.

Mais il n’est pas question de rester vautré dans l’herbe lorsque Breton entre sur la scène B. Le groupe anglais fait forcément bondir la foule au son de son rock électro hurleur et dansant. Un beau moment d’euphorie.

Quelques heures plus tard, on aperçoit d’ailleurs le chanteur de Breton fendre les premiers rangs, suivi d’un petit groupe de groupies saisissant sa chance. Comme des milliers de festivaliers, il se presse pour voir Damon Albarn, l’une des têtes d’affiche de cette 6e édition du festival Beauregard.

S’il fallait résumer la prestation de Damon Albarn en un mot, “claque” serait plus qu’approprié. Avec un entrain continu, l’ex leader de Blur offre une adaptation lumineuse de son album solo, Everyday Robots, sorti quelques mois plus tôt. En showman accompli, il entraîne le public à taper des mains, se jette à la barrière du premier rang, saute, danse, applaudit, chante en équilibre sur le bord de la scène, bref, se donne à 200%.

Le groupe l’accompagnant est formé de musiciens très jeunes, de même que la chorale gospel qui le rejoint sur quelques titres, de quoi ajouter une touche de fraîcheur. On retient “Heavy Seas of Love”, “Lonely Press Play”, et… “Clint Eastwood” ! En effet, Damon Albarn a surpris la foule en reprenant ce titre de son projet Gorillaz. Avec l’hystérie qui en a suivi.

On enchaîne ensuite avec la folk-roots de John Butler Trio, trio australien qui arpente le monde depuis 10 ans. Quand John Butler fait vibrer son banjo avec ses longs ongles, presque des griffes, la foule entre en liesse. Et Beauregard a soudain des airs de grande plaine du Midwest. On retient la fabuleuse “Ocean”, balade acoustique de plus de 10 minutes. John la fait évoluer en permanence, utilisant la guitare aussi bien pour ses cordes que comme une caisse de résonance.

Une fois la nuit bien installée, Pixies prend ses quartiers sur la Scène A. Tout comme avec Blondie et Portishead les jours précédents, Beauregard mise la fin de soirée avec une valeur sûre. Ils ne sont que 4 sur scène, mais font un boucan d’enfer, et les bouchons d’oreilles s’avèrent indispensables. Dans le public, ça pogote, ça slamme, on est secoué par les vibrations de la basse, ressenties jusque dans le sol. Une belle secousse.

En résumé de cette journée du dimanche :
- Le rayon de soleil : Agnès Obel
− L’indispensable : Damon Albarn
− Le plus “Fan 2” : Pixies
− On les a loupés et on le regrette : Yodelice, Sea Sick Steve

À l’année prochaine John, et merci pour tout !

Odezenne : “On vit les étapes comme des kamikazes”

 

ODEZENNE
Quand on arrive au QG de Odezenne, dans le 18e arrondissement de Paris, c’est un peu le foutoir. Des cartons de vinyles – ceux de leur nouvel EP, ‘Rien’ -, rendent le passage difficile, la grande table où travaille la petite équipe déborde d’ordis, paquets de cigarette et tasses de café. Normal : les bureaux ne sont utilisés que depuis 2 semaines, un dégât des eaux ayant retardé leur ouverture.

Les 3 potes formant Odezenne, groupe de rap – et bien plus encore – lauréat du prix Adami Deezer de Talents en 2012, sont eux aussi en retard : bavards en interview, ils ont fini par décaler le calendrier au fil des entretiens, explique leur pote David, une jambe dans le plâtre.
Une demi-heure plus tard, Odezenne est enfin dispo. Chaque membre – Jaco, chanteur, Mattia le compositeur et Alix le chanteur principal – nous claque la bise chaleureusement, propose une bière. L’enthousiasme est palpable : ils ont appris dans la journée que le titre ’Rien‘ va tourner sur France Inter cet été. Leur première diffusion radio depuis leurs débuts, en 2008.

Jaco, dans sa marinière bleue, se précipite sur la pile de vinyles attendant d’être expédiés, s’empare d’un scotch pour coller une photo sur chacun d’eux. Mais ses deux compères l’invitent à les rejoindre sur l’étroit canapé où ils s’entassent pour répondre à nos questions. Nous sommes à deux jours de leur passage sur la scène Ricard Music pour la Fête de la Musique, à Denfert-Rochereau, et le groupe bordelais n’a que ça en tête :

Comment ça va ?

Alix : Très bien !

Comment vous sentez-vous à l’approche du concert pour la Fête de la Musique ?

Alix : J’ai regardé une vidéo hier soir, de l’année dernière. J’ai pris un coup de pression ! 10.000 personnes, c’est quelque chose. On n’a jamais fait de concert devant autant de monde ! A priori, il y aura entre 7 et 10.000 personnes, c’est impressionnant. J’espère que je vais réussir à monter sur scène.
Mattia : Comme à chaque fois, on devrait y arriver.
Jaco : On va y arriver mais on va bien flipper.
Alix : J’aimerais qu’on fasse un beau concert.

Vous faites quoi pour vous rassurer avant un gros concert ?

Alix : On a tout un protocole. On se tape sur les épaules et on frotte le long des bras, de dos. On se prend dans les bras, on se tape dans les mains 15 fois..
Jaco : On dit des textes très précis.
Alix : On a un vrai cérémonial qui dure un peu plus de 15 minutes. Il y a du whisky toutes les 3 minutes. Mine de rien, c’est devenu un genre de rituel, qui te permet d’atteindre une certaine concentration. Ca permet de te rappeler que tu es sur scène dans 10 minutes. Si je ne fais pas ça, j’ai l’impression d’être jeté devant les gens. Il faut un moment de dépressurisation.

D’autant plus que la scène est très importante pour vous, c’est elle qui vous a propulsés à vos débuts. Comment définiriez-vous la scène en un mot ?

Jaco : C’est sauvage.
Mattia : J’aime vivre les morceaux de manière forte. Je suis rarement là pendant les concerts, parce que ça me permet de me perdre dans la musique que l’on fait. C’est rare, les occasions de se perdre dans notre musique, sauf quand on la joue.

“Il y a des moments où tu déconnectes totalement. Il n’y a que la scène qui produise cela.” – Mattia
Les black-outs, ça vous arrive ?

Alix : Quand ça se passe vraiment bien, c’est toujours très rapide. De là à dire que c’est un black-out, non, mais tu ne peux pas te refaire tout le concert à l’envers. Il reste des images, comme d’un rêve.
Mattia : Je peux avoir des prises de conscience qui me font dire que je n’étais plus vraiment là. Parfois, quand un morceau va partir vachement fort, je ne suis plus là pendant 15 secondes. Il y a des moments où tu déconnectes totalement. Il n’y a que la scène qui produise cela.

Qu’est-ce que ça représente pour vous, la Fête de la Musique ?

Alix : Ca représente surtout des souvenirs de moi allant dans la rue pour écouter des groupes. On a la chance de jouer sur cette scène-là, ça risque de changer la donne, créer un souvenir hors-norme. Jusqu’à présent, c’était une journée où on ne voulait pas faire de concert, mais faire le pont. C’est un peu comme la fête du travail pour un chômeur.
Mattia : J’aime bien le côté où tu peux aller faire chier tout le monde avec ta musique, aussi pourrie soit-elle, jusqu’à minuit. T’es dans ta chambre, tu fais des trucs nazes, tu ne peux pas jouer trop fort. Et là tu vas dans la rue, et tu te prends pour une rock star. Je ne pense pas qu’il y aie beaucoup d’endroits où tu as légalement le droit de le faire, si ce n’est ce jour-là.
Alix : Il y aussi des concerts de ouf !
Mattia : Oui, mais moi je pense surtout aux groupes pourris.
Alix : J’ai déjà découvert des gens qui jouaient vachement bien.
Jaco : J’ai des souvenirs de la Fête de la Musique à Paris où tu prends une bouteille de whisky et tu traces partout, parfois tu as des trucs pourris, des évangélistes, des ukulélés. C’est le désordre.
Mattia : C’est une sorte de technival, c’est no-limit. Chacun fait ce qu’il veut, où il veut.

J’ai écouté votre appel du 18 juin, où vous parlez du rôle d’Internet et de l’industrie musicale. Pouvez-vous me résumer votre opinion sur ces 2 sujets ?

Alix : Pour la forme, il s’agit du discours de De Gaulle, dans lequel on a remplacé certains mots. Juste en faisant, ça a donné ce discours, donc parfois ça dépasse un peu notre pensée. Mais dans le fond, on est d’accord avec cette idée qu’Internet change la donne de manière folle. A tous les niveaux : production, diffusion, promotion, accessibilité. C’est un lien direct avec notre public.
Jaco : C’est une nouvelle façon d’écouter de la musique.
Alix : Quand on l’a lancé pour la première fois, en 2010, avant la sortie de notre deuxième album, on avait dû faire écouter des maquettes à droite et à gauche, mais on n’a jamais eu de réponses. Du coup, on avait besoin de se remotiver en se disant que ce lien, on l’avait, avec Myspace, Facebook. On avait déjà fait des concerts, gagné quelques tremplins, mais on n’avait aucun soutien de l’industrie musicale. Et peut-être que ce n’était pas le moment, mais du coup, on était un peu dans cette presque colère, ce sentiment d’injustice.

Vous passez des concerts organisés via Facebook – « Odezenne à la demande – à l’Olympia en mars 2015 !

Alix : C’est notre côté américain ! ‘Everything is possible !’ [rires]
Jaco : ‘Unbelievable !’
Alix : ‘ I believe I can fly’ ! De plus en plus de gens nous suivent. Et puis, on n’est pas très patient. On a commencé la musique après 25 ans, donc on a moins de temps que ceux qui commencent à 14 ans. A un moment, il faut y aller. On vit les étapes comme des kamikazes.

“On se laisse vite glisser. La musique est un job à plein temps.”- Alix
Est-ce que vous avez laissé tomber des choses pour Odezenne ?

Mattia : Tout.
Alix : Des relations amicales qui se sont stoppées à cause d’Odezenne, qui prend de la place. Tu ne réponds pas au téléphone parce que tu es en concert, parce que tu es allé chercher des CDs aux distributeurs… Au bout d’un moment, tu te rends compte que ça fait 6 mois que tu n’as plus appelé personne…et que c’est pour ça que plus personne ne t’appelle. Il y a un peu d’isolement, si tu ne fais pas attention. On se laisse vite glisser. Travailler dans la musique est un job à plein temps.
Mattia : On ne déconnecte jamais.
Alix : Quand tu rentres chez toi, après 3 concerts, t’as pas envie d’aller en boîte le week-end.
Jaco : Tu veux rester dans ton pieu.

Vous avez enregistré votre nouvel EP à Berlin : qu’est-ce que vous y êtes allés chercher ?

Mattia : Du neuf.
Alix : Des repères.
Mattia : On s’est toujours enfermés pour composer, et au bout d’un moment, on s’est rendu compte qu’on avait sucé tout le sang de Bordeaux, des environs, des maisons parentales, des amis, de la cave où on répète. Alix a suggéré que l’on parte. Berlin et Prague étaient les finalistes, on a choisi Berlin.
Jaco : On a passé 3 semaines à bouffer des crêpes et du pain perdu. On a fait un record, un soir, à trois : à peu près 27.000 calories.
Mattia : On avait pris la décision de vivre d’autres choses pour avoir de nouvelles choses à raconter.
Jaco : Si tu veux faire un nouvel album, il faut découvrir de nouvelles choses. En restant chez toi, c’est un peu compliqué.

“‘Rien’est un peu le premier titre d’Odezenne. C’est ce qu’on veut faire en terme de musique. On a touché quelque chose avec ce morceau.” – Alix
Cet EP s’appelle ‘Rien’, pourtant il s’y passe plein de choses ! Pourquoi ce titre ?

Alix : C’est le titre que l’on voulait mettre en avant. C’est un peu le premier titre d’Odezenne. C’est ce qu’on veut faire, en terme de musique. On a touché quelque chose avec ce morceau. On est vraiment là où on est content d’être. Et puis, cet EP est très féminin, la femme joue un rôle central dans 3 titres – ‘Je Veux Te Baiser’, ‘Rien’, ‘Dieu Etait Grand’. Les histoires d’amour sont éphémères, c’est peut-être une provocation de dire qu’il n’en reste rien. C’est pour cela qu’on scotche des photos à la main [sur les vinyles], parce qu’elle ont vocation à se décoller, à ne pas durer. C’est presque un concept.

ODEZENNE

Le single ‘Je Veux Te Baiser’ marche très bien sur Internet. Est-ce que vous vous y attendiez ?

Alix : Non, c’est super !
Jaco : Pas autant.
Alix : La première fois qu’on l’a joué à Nova, ils nous ont dit que tout le monde en parlait sur Twitter. Comme si d’un seul coup, tout le monde s’était mis à baiser dans la rue ! C’est super qu’il y aie ce bouche-à-oreille ! Tout le monde le chante en concert, comme un défouloir, c‘est vachement agréable de voir tout le monde sauter partout, chanter en chœur. Ca prend tout son sens. Quand on l’introduit, on dit que c’est un remède à la crise, une chanson d’amour. Un cri de joie.

Est-ce qu’on peut expliquer ce succès par le fait que vous avez posé des mots très simples sur un sentiment que tout le monde peut avoir ?

Mattia : C’est un peu ça. Pour moi, ça veut dire ‘Je t’aime et j’ai envie de faire l’amour avec toi’, de manière un peu coquine. Parce que tu as envie de faire sourire ton ou ta partenaire.
Jaco : Les couples, entre eux, faut pas se voiler la face, ils font l’amour, ils disent ‘on baise ?’ Et c’est pas mal, à ce qu’il paraît.

D’avoir des rapports assez crus ?

Jaco : D’avoir des rapports tout courts [rires]. Mais c’est pas cru. ‘Je vais t’éclater la chatte’, c’est cru. ‘Je veux te baiser’, c’est pas cru. Lis Rabelais, ça, c’est cru.

Le reste de l’EP est assez sombre, avec l’idée de chercher sa voie, un sens. C’est une question qui vous habite ?

Alix : Elle habite beaucoup d’êtres humains. Après, il peut paraître sombre sur certaines choses, mais je trouve qu’il est aussi plein d’espoir. Il parle pas mal des générations futures. ‘Dieu Etait Grand’, le dernier morceau, finit quand même sur 2 minutes de samba ! Tu as plutôt envie de relever le torse et de dire ‘C’est cool, j’y vais’. C’est quand même ça qu’on veut impulser, plus qu’autre chose. Mais on n’a pas peur d’aborder des questions existentielles, qui sont forcément angoissantes. Mais pas que. Il y a aussi plein de sourires.

“Il y a une sorte de pudeur dans ce qu’on fait. On n’est pas des donneurs de leçons, plutôt des poseurs de constatations.” – Mattia
Ce qui vous intéresse le plus, c’est l’intime ?

Alix : Oui, à mort.
Mattia : Et chercher cette ambiguïté dans les choses. On n’est pas trop dans la plainte. On a réussi petit à petit à mettre une forme de distance dans les propos. Parce qu’il y a une sorte de pudeur dans ce que l’on fait. On n’est pas des donneurs de leçons, on est plutôt des poseurs de constatations.

Il y a une évolution nette entre cet EP et ce que vous avez fait auparavant. Ca s’est fait naturellement ?

Mattia : Il n’y avait pas d’objectif. On s’était juste dit qu’on allait enlever les samples, qui prenaient pas mal de place, sans tomber non plus dans une configuration de groupe simple guitare-basse-clavier. J’ai fait vachement de recherches sur les sonorités, les synthés, on a acheté des vieilles machines. Tu peux avoir toute la richesse sonore que tu veux : comme des cœurs de vieilles dames..
Jaco : Des cœurs de vieilles dames ?
Alix : Où est-ce que tu trouves des cœurs de vieilles dames ?
Mattia : A la boucherie ![rires]
Jaco : On voulait faire sonner le français, aussi.
Mattia : J’avais cette vision de faire des morceaux assez sérieux, assez agréables à écouter, en changeant un peu le discours. Je trouve que c’est vraiment ça qui a changé. C’est plus du tout à prendre de la même manière. On peut l’écouter dans plus de configurations différentes, et de manière un peu plus légère. On s’est pris plus la tête pour faire un truc plus personnel. Quand j’entends Vincil, Flying Lotus, on pouvait en être proche dans certains morceaux, mais on est venu à autre chose. C’est là qu’est la différence entre la musique et le son.

Concernant les réseaux sociaux, vous les utilisez beaucoup. Vous dites dans la chanson ‘Novembre’ : « On s’aime, on vit, à travers nos écrans” , qu’est-ce que vous voulez dire par-là ?

Jaco : C’est notre côté Chatroulette.
Alix : Tu l’as vu le film ‘Her’ [de Spike Jonze, sorti en 2014, ndlr] ? Il m’a vraiment touché, parce que j’ai l’impression qu’on en est vraiment pas loin. Avec tous les couples qui se forment sur Internet, tu as l’impression que les gens s’y lâchent plus que dans la vie réelle. Ils sont en sécurité dans leur chambre et se tapent des trips. C’est assez symptomatique de notre époque. Même à 12.000 bornes, tu peux te taper une nuit de folie avec une hongkongaise.

Vous draguez sur Internet ?

Alix : Non, je suis avec une nana depuis longtemps. Et puis, t’imagines un mec d’Odezenne sur Tinder ? Ca finit sur Twitter l’heure d’après ! Et si je fais ça, c’est 2 claques dans la tête direct par ma copine.

Pourquoi êtes-vous beaucoup présents sur les réseaux sociaux ?

Alix : Parce que c’est ce qu’on a à porté de main, gratuitement, et nos fans aussi. Comme on n’était pas joués en radio, c’est la seule chose qu’on a. De gros partenaires nous font parfois de la visibilité, comme ça a été le cas de Deezer. En 2009, c’était totalement inattendu que l’on se retrouve en home-page de Deezer pendant 15 jours. Grâce à ça, on a pu aller sur les routes de France pendant un an, et il y avait toujours un mec pour nous dire ‘Je vous ai découverts sur Deezer’. Là, tu sens que tu n’es pas tout seul.
On a annoncé l’Olympia sur Facebook, parce qu’on n’a pas d’argent pour payer des pubs dans des magazines, on ne passe pas à la télé. C’est plus une conséquence qu’un choix.

Passons aux questions des internautes. L’un d’eux veut savoir : si vous étiez un animal, lequel seriez-vous ?

Alix : Un puma.
Jaco : Un chien.
Mattia : Une hyène.

Pourquoi ?

Mattia : Parce que je suis quelqu’un de très présentable, mais je peux aussi basculer du mauvais côté. On m’appelle ‘Gremlins’, d’ailleurs.

Quelqu’un demandait si les chimpanzés blonds existent ? [Figure tirée de leur titre ‘Chimpanzé’]

Jaco : Oh oui, ils sont partout. Le chimpanzé, c’est quelqu’un qui copie quelque chose. Blond, ça renvoie à l’idée de bruns qui se teignent en blonds. Ces gens qui se copient entre eux.

Votre musique en grand avec Deezer sur Chromecast

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Décidément Deezer voit les choses en grand en ce moment ! Après vous avoir récemment annoncé la possibilité d’accéder à notre application dans les smart TV Bang & Olufsen, Deezer récidive aujourd’hui en débarquant sur Chromecast, objet incontournable pour tous les geek qui se respectent !

Pour les moins branchés, petite piqûre de rappel. Lancée en mars dernier, Chromecast est une petite clé multimédia permettant de profiter du meilleur du Web sur sa TV via le port HDMI®. Deezer a donc choisi d’intégrer la technologie Chromecast à son application pour permettre à ses utilisateurs de retrouver sur leur TV en images dans un design soigné, tout l’univers musical du site de streaming.

Une fois branchée sur la TV et connectée au Wi-Fi, Chromecast permettra de retrouver toute la richesse musicale made in Deezer directement sur la TV avec un contrôle des multiples fonctionnalités depuis son smartphone ou sa tablette*. Ainsi, les abonnés à l’offre Premium+ pourront accéder à l’intégralité du service Deezer, soit 30 millions de titres, toute leur bibliothèque musicale albums, titres, artistes et playlists favoris, sans aucune limite. Ils pourront également retrouver leur ADN musical avec la fonctionnalité « Flow » mixant le meilleur de leurs musiques et les recommandations éditoriales.

Sur Chromecast, avec la fonctionnalité multi-utilisateurs, chaque abonné pourra piloter directement depuis son smartphone ou sa tablette, toute sa musique Deezer et ce, en plein écran sur les TV.

*Deezer sur Chromecast est accessible sur les applications mobiles iPhone et Android et tablettes Android et dans les pays où Deezer et Chromecast sont disponibles : Brésil, Corée du Sud, Australie, Canada, Suisse, Belgique, Hollande, Finlande, Suède, Norvège, France, Allemagne, Angleterre, Espagne, Portugal.

Une nouvelle appli au son inégalé

La qualité audio supérieure (jusqu’à 320kbps) sera sous le feu des projecteurs dans la prochaine mise à jour de nos applis pour iPhone et Android pour les abonnés Premium+. Une prouesse audio où que vous soyez, qui arrive avec d’autres fonctionnalités. Notre nouvelle version de l’appli pour iPhone intègre également le fondu sonore et un égaliseur inédit, pour une expérience musicale unique sur votre mobile. Du rock au classique, choisissez le réglage qui correspond le mieux à votre musique. Un cadeau pour tous les mélomanes !

IMPORTANT : la mise à jour va effacer votre musique synchronisée. Pour écouter votre musique hors connexion une fois la mise à jour terminée, il vous faudra synchroniser à nouveau vos albums et playlists préférés. Croyez-nous, ça en vaut la peine !

Oxmo Puccino : “Seul le travail paie, de préférence le travail fait avec amour”

Oxmo Puccino
Entre deux répétitions pour son concert dans les jardins du Palais-Royal, à Paris, dans le cadre de la Fête de la Musique, ce samedi, Oxmo Puccino a pris le temps de répondre à nos questions.
Rappeur, conteur, acteur, auteur, l’artiste multiplie les casquettes, en ogre de travail jamais rassasié, éternel curieux. Tour d’horizon des 1001 vies de cette figure majeure de la scène musicale française, trop grand pour les étiquettes toutes faites :

Comment vas-tu ?
Très bien et vous ?

Tu te produis au Palais Royal pour la Fête de la Musique ce samedi, qu’est-ce cette journée représente pour toi ?
Cette année c’est surtout l’occasion de retrouver les copains et de faire une grande fête à Paris 1an après le Zenith. La tournée s’est terminée en décembre quand l’invitation nous a été faite, j’ai surtout pensé au plaisir de retrouver mon équipe, à la chance de jouer dans un tel endroit et à l’occasion qui m’était donnée d’offrir un concert gratuit à mon public.

Sur ton dernier album (Roi sans carrosse, 2012), tu disais que le métier d’artiste est à la fois facile et difficile. Ta vision sur ce sujet a-t-elle changé au fil du temps ?
Disons qu’elle a évolué. Au départ, je ne me considérais pas comme tel, je ne pensais même pas faire un album, une carrière. C’était notre quotidien, notre vie. Et puis les choses commencent à devenir sérieuses alors il faut travailler, travailler, lire,écrire, lire et encore écrire, écouter de la musique, s’intéresser à la composition, aux autres formes d’art. Des gens talentueux j’en ai connu beaucoup mais le talent ne suffit pas, il faut l’entretenir, le développer, le travailler. Quand je vois Vincent Segal, après plus de 30ans de pratique de son violoncelle continuer de jouer des heures et des heures chaque jour, répéter ses gammes, travailler encore et encore. Être artiste c’est ça aussi, la passion, la curiosité, l’écoute, le travail, l’audace.

Ton style musical ne cesse d’évoluer, et ce, depuis tes débuts. Doit-on te présenter autrement que comme un rappeur ?
L’étiquette c’est l’autre qui vous la met. Je ne me pose pas la question. Je suis né avec le rap. J’ai grandi avec. C’est une culture qui nous a frappé dans les années 80, C’est le moyen d’expression que j’ai trouvée. Je suis fier d’être un rappeur et fier d’être devenu un artiste, grâce à celles et ceux qui m’entourent et m’accompagnent, grâce à mon public qui me comprend et qui me suis. Appelez-moi comme vous voulez.

Y-a-t-il un thème dans l’actualité récente que tu souhaiterais adapter en chanson ?
J’évite d’être trop dans l’actualité car souvent ce sont des chansons qui vieillissent mal. Elles font sens au moment mais qu’en est-il lorsqu’on les réécoute 10 ans plus tard ?

À Paris, on retrouve un peu partout et depuis un peu plus d’un an, un tag “L’Amour Est Mort”, qui est le titre de ton deuxième album, et une référence à une chanson de Brel. Qu’est-ce que ça te fait ? Tu es déjà tombé sur l’un d’entre eux ?
Oui bien sûr que je l’ai vu. Ça m’amuse et ça m’honore quelque part.

D’ailleurs, est-ce que cela te fatigue que l’on te compare à Brel ?
Ce n’est pas la comparaison qui me fatigue. Être comparé à un si grand artiste est un honneur. Ce qui parfois m’agace c’est lorsque cela sort de la bouche de gens qui ne connaissent ni mon travail, ni le sien.

“J’ai besoin d’explorer de nouvelles disciplines pour continuer mon apprentissage”

Plus le temps passe, plus tu diversifies tes activités, en montant sur scène en tant qu’acteur, en publiant des livres, en réalisant ton premier court-métrage. Pourquoi ?
Parce que je suis curieux. Parce que j’ai besoin d’explorer de nouvelles disciplines pour continuer mon apprentissage. Allez vers l’inconnu c’est se donner l’occasion de se surprendre. Mon métier premier c’est d’écrire des chansons mais j’ai toujours eu envie d’écrire des livres, d’écrire pour le cinéma. Après il faut du temps, être prêt, avoir des choses à raconter, développer un point de vue. Je prends mon temps ne serait-ce que par respect pour les auteurs de poésie ou de littérature que j’admire ou pour ces grands scénaristes dont je connais la complexité de leur travail. Autant que j’aime lire des romans, des nouvelles, des poèmes, des essais, des notices, j’aime l’écriture sous toutes ces formes

Tu travailles sur une version d’Alice au pays des merveilles avec Ibrahim Maalouf. Comment s’est développé ce projet ? Où en est-il en actuellement ?
En 2011, le festival d’Ile de France a sollicité Ibrahim Maalouf pour un projet musical autour du conte. Ibrahim m’a proposé de travaillé avec lui sur Alice aux Pays des Merveilles. Pour sa part il a écrit et composé 12 thèmes musicaux, de mon côté j’ai réécrit 12 chansons inspirées d’Alice. Il y avait avec nous 130 choristes, 25 musiciens, aussi bien professionnels qu’issus des musiques amateurs. Cela a donné lieu à un grand concert à l’académie Fratellini. Un souvenir fantastique. Du coup on a décidé avec mon camarade d’enregistrer l’album qui sortira à l’automne et qui donnera lieu à 4 représentations à la Cité de la Musique en février. C’est une œuvre hybride, sorte d’opéra moderne et multiculturel qui ne ressemble à rien d’autre.

“Derrière chacun de mes flowers, il y a une histoire, un talent, un souvenir que nous avons partagé et d’autres que nous allons être amenés à vivre.”

Tu utilises beaucoup les réseaux sociaux, pourquoi ?
J’ai un rapport très particulier avec l’informatique, internet et les réseaux sociaux. Pour un artiste c’est une occasion fantastique de renforcer le lien avec mes flowers, de faire des rencontres, des découvertes, de les remercier. Si je suis encore là 20 ans après c’est grâce à eux. Alors j’en profite pour m’adresser à eux directement, parfois offrir une chanson, partager une humeur, les convier à un événement ou parfois faire des découvertes.
Deux exemples qui me viennent, grâce à ce lien là, j’ai rencontré une photographe (Lydie / Sweet Moments) via instagram, elle est venue faire des photos sur un de mes concerts, ou encore j’ai découvert un artiste qui avait dessiné sa vision de roi sans carrosse, du coup je lui ai demandé de dessiner sa vision de tous les albums et on va collaborer ensemble autour d’une série d’affiches en édition limité. Derrière chacun de mes flowers [followers, aka abonnés Twitter], il y a une histoire, un talent, un souvenir que nous avons partagé et d’autres que nous allons être amenés à vivre.
Tu as même consacré un livre à tes tweets, 140 Piles (Au Diable Vauvert, 2014), sorti récemment. Comment est venue l’idée de ce livre ?
Cela faisait deux ans que j’en avais envie. Je pensais à tous ceux qui n’étaient pas sur twitter, je pensais à tous ces mots jetés au vent dans l’espace virtuel, je voulais les fixer sur papier pour leur donner une part d’éternité.

“J’ai allégé mon écriture [...] Je travaille plus désormais sur l’effet, la portée immédiate.”

140 caractères, ce n’est pas un peu court pour toi, dont les textes sont très fournis ?
Au fur et à mesure, j’ai allégé mon écriture, enlevé des mots, raccourci les couplets. Je travaille plus désormais sur l’effet, la portée immédiate. Et puis lorsque vous faîtes des concerts en série, vous commencez à écrire en pensant au live, au rythme effréné, vous travaillez pour qu’il n’y ai pas de mots superflus, vous taillez le verbe pour lui donner sa forme la plus belle. Et puis j’aime beaucoup les formes courtes, celles qui consistent à exprimer en peu de mots une idée, une émotion, je pense aux aphorismes, aux proverbes, aux Haiku.

Quel est le tweet dont tu es le plus fier ?
Ce n’est spécialement celui dont je suis le plus fier mais c’est une bonne définition :
Mes lettres rechargent les téléphones sans fil, car mon tweet cumule 140 caractères piles…

Le tweet que tu regrettes ?
Je n’en regrette aucun. Certains peuvent être plus anecdotiques mais ils sont le reflet d’une réflexion, d’une émotion à un instant précis.
Internet a l’air d’être un sujet qui te passionne : tu as même tenu ton premier rôle au théâtre dans un opéra consacré à Steve Jobs. En tant qu’artiste, mais peut-être aussi citoyen, comment vois-tu Internet ?
Vaste sujet. Nous avons à portée de doigts un outil fantastique, une fenêtre vers tout un tas d’information. Le tout est de savoir s’en servir.

“Je regrette de ne pas avoir le temps de pouvoir écouter plus de musique.”

Pour revenir à la musique, tu soutiens Stromae, tu as fait un duo avec MAI LAN- pour ne citer qu’eux – quel regard portes-tu sur la nouvelle génération de chanteurs dont ils font partie ?
Je regrette de ne pas avoir le temps de pouvoir écouter plus de musique. Ce qui me plaît aujourd’hui c’est que l’on a affaire à des artistes décomplexés, qui cassent les barrières, mélangent leurs influences. Le niveau global des jeunes musiciens est devenu très bon mais aucun d’entre eux ne doit oublier que seul le travail paie, de préférence le travail fait avec amour. En l’occurrence c’est le cas de Stromae et MAI LAN.

Quelles sont tes récentes découvertes musicales ?
Il y a un auteur / compositeur dont vous entendrez bientôt parler qui s’appelle Paul Ecole que j’aime beaucoup car lui fait vivre la langue française avec beaucoup de sensibilité, de poèsie
Dans un autre registre j’aime beaucoup Redouanne Harjane,
Même s’il est plutôt sombre, j’aime beaucoup le premier album de Damon Albarn, la qualité musicale, la production.
Et puis il y a tous ces jeunes qui poussent les murs, qui travaillent dur, je pense à Nemir dont j’attends l’album avec impatience, Phases Cachées qui ont compris qu’un artiste n’était rien sans la scène, Chance the Rapper pour l’esprit général, Liane la Havas, Sarh..bref beaucoup de raisons de se faire du bien.

Quel est l’album qui te ressemble le plus (l’un des tiens, ou autre) ?
Il faudrait, je crois, faire une compil pour cela !!

Quelle est la question que tu rêves que l’on te pose ?
La prochaine !

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Morgane Giuliani